Tissages de cotte de mailles
Chaque pièce de la collection Avallore est tissée à la main selon des techniques ancestrales transmises de génération en génération, d'armuriers à artisans en passant par les civilisations anciennes. Ces cottes de mailles, jadis forgées pour les batailles et les cérémonies, sont aujourd'hui réinterprétées en or et en acier inoxydable, et symbolisent la résilience, la grâce et le raffinement artistique.
4 en 1 européen
Le tissage européen 4-en-1 est le plus emblématique et le plus important historiquement de tous les motifs de cotte de mailles. Originaire d'Europe, où il apparaît au IIIe siècle avant J.-C., ce modèle est devenu la base de l'armure médiévale sur tout le continent. Chaque anneau s'entrelace avec quatre autres, créant un tissu dense et souple qui protégeait jadis les chevaliers, les croisés et les soldats des lames et des flèches.
Personnages et événements historiques
La bataille d'Hastings :
Ce type de cotte de mailles est représenté sur la Tapisserie de Bayeux, qui relate les événements ayant mené à la conquête normande de l'Angleterre en 1066, et notamment la bataille d'Hastings. La tapisserie montre en particulier Guillaume le Conquérant portant un haubert en cotte de mailles européenne 4 en 1.
Les croisades :
Richard Cœur de Lion, le roi guerrier emblématique d'Angleterre, a mené des armées en Terre sainte entre 1189 et 1192, portant des hauberts en cotte de mailles et des coiffes européennes 4 en 1. Son armure l'a protégé lors d'innombrables escarmouches, notamment le siège d'Acre et la bataille d'Arsuf contre Saladin.
Jeanne d'Arc :
Jeanne d'Arc, l'héroïne et chef militaire française, portait une cotte de mailles européenne complète sous son surcot lorsqu'elle mena ses troupes à la victoire à Orléans (1429). Elle, ainsi que d'innombrables autres chevaliers, porta cette armure durant la célèbre guerre de Cent Ans (1337-1453).
Demi-persan 4 en 1
Le tissage semi-persan 4-en-1 est un motif raffiné et élégant dont l'origine remonterait au Moyen-Orient. Contrairement aux tissages européens denses, conçus pour le combat, ce motif était principalement utilisé pour la parure et les chaînes cérémonielles. Ses anneaux entrelacés créent une texture lisse et fluide qui drape avec grâce, offrant un équilibre parfait entre symétrie et mouvement. Bien que son utilisation pour les armures ne soit pas confirmée, son nom et sa structure s'inspirent des traditions complexes de travail du métal des artisans persans et ottomans, dont le savoir-faire a connu son apogée entre le Xᵉ et le XVIᵉ siècle.
Personnages et événements historiques
Noblesse et artisans persans :
À l'apogée de l'Empire perse, puis sous la dynastie safavide (XVIe siècle), le travail du métal décoratif était un art très prisé. Les joailliers et armuriers de la cour réalisaient des motifs complexes, semblables au tissage semi-persan, pour la confection de bijoux ornementaux, de ceintures de cérémonie et d'ornements d'épées portés aussi bien par les nobles que par les guerriers.
Empire ottoman :
Sous le règne du sultan Soliman le Magnifique (1520-1566), des chaînes métalliques ornant les vêtements, les turbans et les armes, rappelant le motif semi-persan, reflétaient la richesse de l'empire et le respect qu'il portait aux maîtres orfèvres.
Influence de la Route de la Soie :
Avec l'essor du commerce le long de la Route de la Soie, les techniques, de la Perse à Byzance, ont fusionné et évolué. Les artisans ont échangé leurs méthodes de tissage des métaux, ce qui a permis la diffusion de motifs entrelacés qui inspireraient, des siècles plus tard, la joaillerie orientale et les chaînes décoratives européennes.
Tissage byzantin
Le tissage byzantin est l'un des motifs de cotte de mailles les plus complexes et décoratifs, originaire de l'Empire romain d'Orient vers le Ve siècle de notre ère. Ses mailles entrelacées forment un motif complexe, semblable à une corde, qui symbolise le raffinement et l'art plutôt que la guerre. Ce tissage devint synonyme de statut social et de beauté, ornant le cou et les poignets de la noblesse, des marchands et du clergé byzantins. Sa structure ornementale reflétait la grandeur de l'empire lui-même, un mariage entre le génie romain et l'ornementation orientale.
Personnages et événements historiques
L'empereur Justinien Ier :
Sous le règne de Justinien, Constantinople connut un essor remarquable en tant que centre artistique, architectural et artisanal. Les bijoux aux entrelacs complexes ornaient les membres de sa cour, témoignant de la richesse impériale et de la faveur divine.
L'Empire byzantin et les marchands vénitiens :
Lorsque les marchands vénitiens commencèrent à commercer avec Constantinople entre le XIe et le XIIIe siècle, ils rapportèrent en Europe les styles de bijoux byzantins. Ces ornements finement travaillés inspirèrent les orfèvres de la Renaissance et se répandirent dans toute l'Italie, où ils devinrent des symboles de raffinement et de prospérité.
Usage religieux et cérémoniel :
Au Moyen Âge, de nombreuses icônes et reliques religieuses étaient enchâssées dans des chaînes décoratives tissées selon des motifs d'inspiration byzantine. Ces ornements sacrés étaient utilisés dans les églises de tout l'empire, symbolisant le lien spirituel et la foi éternelle par leurs maillons entrelacés.
Tissage 2 en 2
Le tressage 2-en-2, souvent appelé « double chaîne », est l'un des motifs de maillons les plus anciens et les plus simples. Ses origines remontent à la métallurgie celtique, grecque et romaine antique, où il servait à la fois à des fins pratiques et ornementales. Chaque maillon s'enchaîne à travers deux autres, créant une chaîne à la fois solide et souple, pouvant être portée en bijou, utilisée comme fermoir ou intégrée aux garnitures d'armures légères. La simplicité intemporelle de ce tressage en a fait la base de nombreux modèles de chaînes ultérieurs.
Personnages et événements historiques
La Grèce et la Rome antiques :
Les découvertes archéologiques révèlent que les chaînes à maillons doubles étaient utilisées comme ornements sur les armures, les vêtements et les bijoux durant la période classique (Ve-Ier siècles av. J.-C.). Soldats et sénateurs romains portaient des chaînes en or et en bronze tressées selon ce style, symbolisant leur rang et leur prestige.
Tribus celtiques d'Europe :
Les forgerons celtes étaient réputés pour leur travail du métal complexe durant l'âge du fer (environ 800 av. J.-C. – 100 apr. J.-C.). Le tissage 2-en-2 apparaît sur des torques, des pendentifs et des fermoirs découverts dans des sites funéraires à travers la Grande-Bretagne et l'Irlande, souvent réalisés en bronze ou en or pour symboliser le pouvoir et la noblesse.
Pompéi et l'Empire romain :
Les fouilles de Pompéi et d'Herculanum ont mis au jour des exemples de chaînes métalliques entrelacées ressemblant au motif 2-en-2 — utilisées dans la décoration intérieure et les bijoux personnels — offrant un aperçu de son élégance quotidienne avant l'éruption du Vésuve en 79 après J.-C.